Jacques Henri Lartigue, L'empreinte du Bonheur
Galerie Luc BELLIER — 27 mai au 11 juillet 2003
Plusieurs raisons expliquent le fait qu'une maison traditionnellement dédiée à la peinture organise aujourd'hui une exposition consacrée à une figure emblématique de la photographie.
La première tient à la matière même de l'exposition : une sélection idéale de tirages d'époque des meilleures images de Lartigue, issue de la collection personnelle de l'artiste et de sa femme Florette. S'y ajoute un rarissime album d'enfance assemblé pour la mère du photographe autour de ses toutes premières images, de ses dessins, et de photographies des autres membres de la famille. Cet album est, pour reprendre les mots utilisés ici par Irving Penn, " un témoignage tendre et unique " du talent précoce de Lartigue.
Une autre raison relève de la logique artistique : les liens évidents avec Vuillard (notre précédente exposition), ce peintre " admirable " - selon les propres termes de Lartigue, qu'il côtoya grâce à Sacha Guitry. Ces deux artistes que Lartigue a portraiturés, ensemble et isolément, partagent avec le photographe une vocation évidente de témoigner, à travers les moyens d'expressions majeurs du XXème siècle, (photographie, peinture, cinéma et théâtre), de leur temps, de leurs contemporains, d'une France idéale, nourrie par les arts, inexorablement destinée à se dissoudre dans l'évolution du monde.
La dernière, et assurément la plus cruciale des raisons qui conduisent à montrer Lartigue, est que, dès son enfance, il n'a cessé d'opposer aux réels les plus déplaisants, une démonstration d'amour : amour filial, amour de la vie, amour de la découverte et de la nouveauté, griserie de la compétition.
En fait, Lartigue a exploré les ingrédients les plus positifs de son temps, l'innovation, le dépassement de soi, l'élégance comme art de vivre. Son œuvre allie avec grâce profondeur et détachement. Il n'a jamais cédé à la tentation de la frivolité, ce double superficiel de la joie de vivre, et s'il n'était pas ignorant, loin s'en faut, des drames du siècle qu'il a vécu, il a eu l'audace de toujours vouloir affirmer la quintescence du plaisir, et de bâtir son œuvre autour d'un rêve : la permanence du bonheur.
Mes remerciements les plus vifs s'adressent à Gail Buckland de l'Université Cooper Union, dont la préface rend si bien compte du bonheur qu'il y a à présenter une exposition Lartigue, ainsi qu'à Irving Penn pour avoir donné sa vision personnelle de l'artiste. Je remercie également Edwynn Houk de m'avoir fait partager ses lumières sur l'œuvre du photographe. Enfin, ma reconnaissance va à Larisa Dryansky qui se joint à moi pour exprimer notre profonde gratitude à l'Association des Amis de Jacques Henri Lartigue, et tout particulièrement à sa directrice, Martine d'Astier.
Luc Bellier

Ma première photo de Papa et Maman, Pont de l’Arche, 1902
12 x 17, 2cm, page de l’album "Vieux cahier Maman". Tirage au citrate

Mon petit chat (voir au pied de l’arbre), Pont de l’Arche, 1902
Page de l’album « Vieux cahier Maman », 16, 7 x 22, 1cm. Tirage au citrate

Louis, Pont de l’Arche, 1902
Page de l'album « Vieux cahier Maman », 12, 8 x 17, 8cm. Tirage au citrate

Issy-les-Moulineaux, 1910
3, 9 x 6, 8cm. Tirage argentique

Le jour des drags à Auteuil, 1911
Tirage argentique 22,3 x 28,5 cm

Avenue des Acacias, Bois de Boulogne, 1912
8, 4 x 12, 7cm. Tirage argentique

Grand Prix de la l'ACF, Bouillot sur Peugeot, 12 juillet 1913
11, 5 x 13, 9cm. Tirage argentique

Zissou et Louis sur un bob, Rouzat, 22 août 1913
7, 6 x 12, 6cm. Tirage argentique

Gaby Desly, Casino de Paris, 1918
17, 5 x 16cm. Tirage argentique

Plaisir de l’eau, cueillette des nénuphars, 1921
12, 5 x 12, 5cm. Tirage argentique

Combegrasse, 1922
9 x 17, 5cm. Tirage argentique

Dani, le fils du photographe, Hendaye, 1925
Tirage argentique 28,8 x 22,8 cm

Sacha Guitry, 1928
Tirage argentique 30 x 24,5 cm

Bugatti, circuit du Cap d’Antibes, 1929
12, 7 x 13cm. Tirage argentique

Renée, Ciboure, 1930
Tirage argentique 15 x 11,5 cm

Renée, 1930
Tirage argentique 2",7 x 17,5 cm

Chou Valton, Cap d' Antibes, 1932
Tirage argentique 15 x 11,5 cm

Tournage des Aventures du roi Pausole, Cap d’Antibes, 1932
13, 2 x 21, 5cm. Tirage argentique

Florette, 1944
11 x 8, 5cm. Tirage argentique
