Coupure de presse — Vuillard chez Luc Bellier

Vuillard chez Luc Bellier

Vuillard exposé chez Luc Bellier, c'est une affaire de famille. Alphonse Bellier, grand-père de Luc, fut l'un des plus proches amis du peintre. Vuillard devint le parrain de Jean-Claude, père de Luc. Témoignage de ces liens affectifs, un charmant tableau montre Jean-Claude en culottes courtes conversant avec « Lulu », fille de madame Hessel, la maîtresse de Vuillard. La boucle est bouclée. Il y a quelques années, les Bellier ont déjà joué la carte Vuillard. La première exposition, en 1983, s'était déplacée à New York, la seconde, en 1989, accrochait les dessins sur les cimaises de l'espace du quai Voltaire. Inutile de chercher ici de grandes toiles ou des fresques. Le lieu s'avère propice aux petits formats, avec une quarantaine de peintures (à partir de 50 000 €), une vingtaine de pastels (de 25 000 € à 200 000 €) et d'aquarelles. L'exposition balaie, entre 1888 à 1938, l'ensemble de l'œuvre de celui qui détestait élever la voix, préférant la douceur et la chaleur des appartements de famille. Si sage, Vuillard ? On peut en douter, au regard de son travail. Bien sûr, on recherche avant tout les traces de la période nabie. Puis Vuillard s'essaie au pointillisme dans un étrange portrait de grand-mère éclatant de couleur. Il se laisse tenter par l'abstraction à travers un paysage de forêt. Mais il revient inévitablement vers une atmosphère intimiste. Madame Weil lit Le Petit Chaperon rouge à ses enfants. Vieillissante, Madame Hessel regarde le spectateur, sa fille Lulu l'observe. Vuillard fige le temps qui passe. F. C.